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Nouvelle loi chômage senior : quels droits et quelle durée d’indemnisation dès 55 ans ?

Homme aux cheveux gris assis devant un dossier

Sous l’étiquette « nouvelle loi chômage senior », on trouve en réalité deux chantiers distincts. Le premier concerne les règles d’indemnisation fixées par les partenaires sociaux pour l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). Le second est la loi du 24 octobre 2025 sur l’emploi des salariés expérimentés, qui agit plutôt sur le maintien en poste et le retour à l’emploi. Voici ce qui s’applique concrètement en 2026, avec les durées, les seuils d’âge et les points à vérifier auprès de France Travail.

Seniors au chômage : les repères chiffrés à garder en tête

  • Le statut de senior pour l’assurance chômage commence à 55 ans, et non plus à 53 ans.
  • Entre 55 et 56 ans : jusqu’à 22,5 mois d’indemnisation.
  • À partir de 57 ans : jusqu’à 27 mois d’indemnisation.
  • L’allocation n’est pas dégressive pour les 55 ans et plus.
  • Les droits peuvent être maintenus jusqu’à la retraite à taux plein, dans certaines conditions d’âge.

Nouvelle loi chômage senior : ce qui change en 2026 et qui est concerné

Le changement principal tient au seuil d’âge. Avant la réforme, les règles favorables aux seniors s’appliquaient dès 53 ans. Elles démarrent désormais à 55 ans, avec une seconde marche à 57 ans. Selon la plupart des sources, ce nouveau découpage s’applique aux fins de contrat de travail intervenues depuis le 1er avril 2025.

L’âge pris en compte est celui que vous avez à la date de fin de votre contrat de travail, et non celui de votre inscription à France Travail. Un salarié qui fête ses 55 ans quelques semaines après son licenciement reste donc dans la tranche des moins de 55 ans. Ce détail pèse lourd sur la durée de droits, d’où l’intérêt de regarder son calendrier avant de signer un départ.

Côté conditions d’activité antérieure, il faut avoir travaillé au moins six mois (130 jours ou 910 heures) sur une période de référence. Cette période est de 24 mois pour les moins de 55 ans, mais elle monte à 36 mois à partir de 55 ans. Les seniors ont donc davantage de temps pour réunir la durée d’affiliation requise, ce qui aide ceux qui ont connu des périodes d’inactivité.

Durée d’indemnisation des seniors : combien de mois selon votre âge

La durée d’indemnisation dépend de l’âge à la fin du contrat et du nombre de mois travaillés. Les chiffres ci-dessous sont des maximums, atteints si vous avez suffisamment travaillé sur la période de référence.

Âge à la fin du contrat Durée maximale d’indemnisation Période de référence
Moins de 55 ans 18 mois 24 mois
55 et 56 ans 22,5 mois 36 mois
57 ans et plus 27 mois 36 mois

Prenons un salarié licencié à 55 ans en mars 2026, avec plus de deux ans d’ancienneté. Il peut prétendre à 22,5 mois de droits, soit une fin de droits autour de janvier 2028 s’il reste indemnisé sans interruption. Une salariée licenciée à 58 ans à la même date bénéficie de 27 mois, ce qui la mène jusqu’à mi-2028, à un peu plus de 60 ans.

Dans les deux cas, le montant journalier de l’ARE est calculé à partir du salaire journalier de référence. Le simulateur de France Travail donne une estimation personnalisée, à croiser avec la notification officielle de vos droits.

Dégressivité, maintien des droits jusqu’à la retraite et ASS en fin de droits

Un senior assis devant une fenetre lit un courrier

Pour les allocataires les mieux rémunérés avant leur perte d’emploi, l’ARE peut baisser après six mois d’indemnisation. Cette dégressivité ne concerne pas les 55 ans et plus. Un senior conserve donc le même niveau d’allocation tout au long de ses droits, ce qui sécurise la trajectoire financière jusqu’au dernier mois.

Le maintien des droits jusqu’à la retraite à taux plein joue une fois passé l’âge légal de départ. Si vous arrivez en fin de droits après cet âge sans avoir atteint le nombre de trimestres validés requis, l’ARE peut se poursuivre jusqu’à l’obtention du taux plein, avec une limite à 67 ans, âge où le taux plein s’obtient automatiquement. Ce dispositif ne s’applique pas à ceux qui sont encore loin de l’âge légal.

Quand les droits à l’ARE s’arrêtent avant la retraite, l’allocation de solidarité spécifique (ASS) peut prendre le relais, sous conditions de ressources et d’activité passée. Les périodes d’ASS comptent pour la retraite : elles permettent de valider des trimestres, dans la limite de quatre par an. Elles ne sont toutefois pas toujours prises en compte pour la majoration, d’où l’intérêt de demander un relevé de carrière avant la fin de ses droits.

Les sources ne disent pas toutes la même chose : le bon réflexe

Les pages publiées sur le sujet divergent parfois sur les dates d’entrée en vigueur ou sur le seuil exact (53, 55 ou 57 ans). Avant toute décision (démission, rupture conventionnelle, départ négocié), faites confirmer votre situation par France Travail ou sur Service-Public. Informations vérifiées en octobre 2026, susceptibles d’évoluer par décret.

La loi seniors du 24 octobre 2025 : contrat de valorisation de l’expérience et retraite progressive

La loi du 24 octobre 2025 transpose l’accord signé par les partenaires sociaux sur l’emploi des salariés expérimentés. Son objet n’est pas de rallonger les droits à l’ARE, mais de maintenir les seniors dans l’emploi ou de faciliter leur réembauche. Elle agit à la fois sur les contrats de travail, sur l’aménagement des fins de carrière et sur la transition vers la retraite.

Le texte crée à titre expérimental le contrat de valorisation de l’expérience, parfois présenté comme un CDI de fin de carrière. Il s’adresse à des demandeurs d’emploi seniors proches de l’âge de la retraite, avec un seuil d’âge que des accords de négociation de branche peuvent abaisser. L’employeur y trouve un intérêt, puisque ce contrat s’accompagne d’avantages sur les cotisations, et le salarié y gagne une perspective de retour durable à l’emploi. Les conditions précises (âge, durée, secteurs) dépendent des textes d’application et des accords de branche, à consulter avant de postuler.

La retraite progressive est aussi assouplie et mieux ouverte aux salariés en fin de carrière. Elle permet de passer à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension, et de continuer à valider des trimestres. Pour un senior fragilisé par un poste devenu difficile à tenir, c’est une alternative au chômage de longue durée, à étudier avec sa caisse de retraite.

Ce que la réforme change pour l’employeur : rupture conventionnelle et bonus-malus

Les entreprises sont directement concernées. La rupture conventionnelle devient plus coûteuse : la contribution patronale sur l’indemnité versée a été relevée en 2026, de 30 % à 40 % selon les informations disponibles. Pour un employeur, proposer ce mode de séparation à un salarié senior pèse donc davantage sur le budget, ce qui peut freiner certaines négociations de départ.

Le bonus-malus module quant à lui la contribution d’assurance chômage de certains secteurs en fonction de leur taux de séparation. Une entreprise qui multiplie fins de contrat et licenciements paie plus cher qu’une entreprise stable. Les deux mécanismes poussent dans le même sens : inciter à garder les salariés expérimentés plutôt qu’à les remplacer.

Pour le salarié, cela change surtout la discussion. Une rupture conventionnelle reste possible et ouvre droit à l’ARE, mais l’employeur sera plus attentif à son coût. Mieux vaut préparer le dossier en connaissant sa durée de droits, son âge exact à la date de fin de contrat et le nombre de trimestres déjà validés.

Questions fréquentes

Homme aux cheveux gris consultant un calendrier papier

À partir de quel âge s’appliquent les règles pour les seniors ?

À partir de 55 ans à la date de fin du contrat de travail. Le seuil de 53 ans, qui servait de repère auparavant, n’est plus celui retenu depuis la réforme entrée en vigueur au 1er avril 2025 d’après la plupart des sources.

Combien de temps est-on indemnisé à 55 ou 57 ans ?

Jusqu’à 22,5 mois entre 55 et 56 ans, et jusqu’à 27 mois à partir de 57 ans, si la durée de travail sur la période de référence est suffisante.

L’allocation baisse-t-elle avec le temps pour un senior ?

Non. La dégressivité ne s’applique pas aux 55 ans et plus. Les montants restent stables sur toute la durée de l’indemnisation, sauf changement de situation.

Peut-on rester indemnisé jusqu’à la retraite ?

Oui, sous conditions. Au-delà de l’âge légal de départ, l’ARE peut être maintenue jusqu’à l’obtention du taux plein, dans la limite de 67 ans. Avant cet âge, l’ASS peut prendre le relais en fin de droits si vos ressources et votre parcours le permettent.

Où vérifier sa situation personnelle ?

Auprès de France Travail, via votre espace personnel et un conseiller, ou sur Service-Public. Les décrets d’application peuvent faire évoluer certains détails, donc la notification officielle de vos droits reste la référence.

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Article publié par la rédaction de pme-strategie.com.

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