Vous réfléchissez à créer votre société seul et le sigle SASU revient partout. Voici la SASU définition, puis ce qu’il faut en retenir pour juger si ce statut correspond à votre projet : fonctionnement, fiscalité, protection sociale, atouts et limites.
Qu’est-ce qu’une SASU ? Définition simple
La SASU est une société par actions simplifiée unipersonnelle. C’est une SAS qui ne compte qu’un seul associé, appelé associé unique, qui peut être une personne physique ou une personne morale. La société constitue une personne morale distincte de son associé : elle possède son propre patrimoine, ses propres comptes et ses propres dettes.
Concrètement, l’associé unique apporte un capital, détient toutes les actions et désigne un président pour diriger la société. Il peut occuper lui-même cette fonction, ce qui est le cas le plus courant. Sa responsabilité est limitée au montant de ses apports.
La SASU en un coup d’œil
| Critère | SASU |
|---|---|
| Associé | Un seul, personne physique ou morale |
| Capital social | Libre, sans minimum légal (1 € possible) |
| Dirigeant | Un président obligatoire |
| Fiscalité | Impôt sur les sociétés, option possible pour l’IR pendant 5 exercices |
| Régime social du président | Assimilé salarié |
| Responsabilité | Limitée aux apports |
Les caractéristiques essentielles de la SASU
Associé unique, capital social et responsabilité limitée
Le capital social est fixé librement dans les statuts. Aucun minimum n’est exigé, et les apports peuvent se faire en numéraire (de l’argent) ou en nature (un véhicule, du matériel, un fonds de commerce). Un capital très faible reste possible, mais il pèse sur la crédibilité de la société face aux banques et aux fournisseurs.
La responsabilité limitée protège le patrimoine personnel de l’associé : en cas de dettes, les créanciers se tournent vers la société, pas vers sa maison ou son épargne. Cette protection a des bornes. Une faute de gestion peut engager la responsabilité du président, et une caution personnelle signée pour un prêt reste due.
Le rôle du président
Le président est le seul dirigeant obligatoire. Il représente la société vis-à-vis des tiers et engage celle-ci par ses actes, dans les limites prévues par les statuts. Il peut être l’associé unique lui-même ou une personne extérieure, ce qui offre une souplesse que l’on ne retrouve pas dans toutes les formes de société.
L’associé unique prend les décisions de l’associé unique qui relèvent de lui : approbation des comptes dans les six mois suivant la clôture, affectation du résultat, modification des statuts, nomination ou révocation du président. Ces décisions sont consignées dans un registre ou un procès-verbal. La liberté statutaire est large, puisque les statuts organisent presque tout le fonctionnement.
Fiscalité et régime social : comment la SASU est-elle imposée ?

Par défaut, la SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés. Le taux réduit de 15 % s’applique sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les petites sociétés remplissant les conditions, puis le taux normal de 25 % prend le relais. Le bénéfice est taxé au niveau de la société, indépendamment de la situation personnelle de l’associé.
Il existe une option pour l’impôt sur le revenu, ouverte aux sociétés de moins de cinq ans qui respectent certaines conditions, et valable cinq exercices au maximum. Le bénéfice est alors ajouté aux revenus de l’associé unique, personne physique, et imposé selon le barème progressif. Cette option peut avantager une société qui démarre avec des pertes, mais elle suppose de bien évaluer l’effet sur la tranche d’imposition.
Le président est assimilé salarié
Côté social, le président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale, comme un cadre. Sa protection sociale couvre la maladie, la maternité, les accidents et la retraite de base. En revanche, il n’y a pas d’assurance chômage automatique en cas de fin d’activité, sauf situations particulières liées à un parcours antérieur.
Le revers de cette protection, ce sont des cotisations sociales élevées sur la rémunération du dirigeant : cotisations patronales et salariales cumulées représentent de l’ordre de 80 % du salaire net. Le président peut aussi choisir de ne pas se rémunérer, ce qui évite ces charges, mais prive de droits sociaux.
Dividendes en SASU : pas de cotisations, mais pas gratuits
Les dividendes versés à l’associé unique échappent aux cotisations sociales, contrairement à ce qui se pratique souvent en EURL pour un gérant majoritaire. Ils subissent néanmoins le prélèvement forfaitaire unique (autour de 30 %) ou le barème de l’impôt sur le revenu, sur option. Ils ne créent aucun droit à la retraite ni à l’assurance maladie.
Avantages et inconvénients de la SASU
Le premier atout est la protection du patrimoine personnel, associée à une grande liberté d’organisation. La SASU inspire aussi confiance aux partenaires, puisqu’elle ressemble à une vraie société de capitaux. La protection sociale du président, proche de celle d’un salarié, et l’absence de cotisations sur les dividendes complètent le tableau.
Les limites sont tout aussi concrètes. Le coût de création et de gestion est supérieur à celui d’une micro-entreprise : statuts, annonce légale, comptabilité complète, approbation annuelle des comptes. Les charges sur le salaire pèsent lourd, la couverture chômage fait défaut et le formalisme juridique reste réel. Pour une petite activité sans besoin de protection, ce cadre peut s’avérer trop lourd.
SASU, EURL, SAS, micro-entreprise : quelles différences ?
L’EURL est l’autre grande forme de société à associé unique. La SAS, elle, compte au moins deux associés. La micro-entreprise n’est pas une société : c’est un régime simplifié pour entrepreneur individuel. Le tableau ci-dessous situe ces statuts sur les points qui font le plus souvent hésiter.
| Statut | Associés | Régime social du dirigeant | Patrimoine protégé |
|---|---|---|---|
| SASU | 1 | Assimilé salarié | Oui |
| EURL | 1 | Travailleur non salarié (en général) | Oui |
| SAS | 2 ou plus | Assimilé salarié | Oui |
| Micro-entreprise | Entrepreneur seul | Travailleur non salarié | Oui, pour la résidence principale (insaisissable de droit) |
Pour résumer, la SASU est la version à associé unique de la SAS, avec le même fonctionnement et la même souplesse statutaire. L’EURL coûte moins cher en cotisations sociales sur la rémunération mais encadre davantage la gouvernance. La micro-entreprise reste la plus légère, avec un plafond de chiffre d’affaires à respecter.
Comment créer une SASU : les grandes étapes

La création suit un parcours balisé, sans qu’il soit utile d’en détailler chaque démarche ici (vous trouverez le détail des étapes et formalités pour créer une entreprise). Voici les étapes principales :
- Rédiger les statuts, qui fixent l’objet, le capital, la durée et les pouvoirs du président.
- Déposer le capital social sur un compte bancaire ou chez un notaire, avec une attestation de dépôt.
- Publier une annonce légale dans un support habilité.
- Déposer le dossier d’immatriculation auprès du guichet unique, qui transmet au greffe du tribunal de commerce, pour obtenir gratuitement l’extrait Kbis de votre société.
Transmission : cession d’actions et transformation en SAS
Une SASU se transmet par cession d’actions : l’associé unique vend tout ou partie de ses titres. S’il en cède une partie, la société compte alors deux associés et devient automatiquement une SAS classique, sans avoir à créer une nouvelle personne morale. Cette transformation en SAS se fait sans dissolution, ce qui facilite l’arrivée d’un partenaire ou d’un investisseur au capital.
En résumé, la SASU convient à celui qui veut entreprendre seul avec une protection patrimoniale, une gouvernance souple et un régime social de salarié, au prix de charges plus lourdes et d’un formalisme réel. Comparez ces éléments avec l’EURL et la micro-entreprise selon votre niveau de rémunération prévu, avant de signer vos statuts.





